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Ecrits Saule Imaniens

 
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Saule Imane
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MessagePosté le: Lun 10 Juin - 22:43 (2013)    Sujet du message: Ecrits Saule Imaniens Répondre en citant


      
Petit texte que j'ai écrit il y a quelques années, histoire de rire un peu en ces temps moroses. Bonne lecture les amis.



      
ARCHIVE SECRETE :
La véritable histoire du christianisme
(idée originale du Cirque des Mirages)
      


Jérusalem la Sainte, sorte d’ode aux lamentations quand les chaudes nuits d’été résonnent des chants enivrés d’Arabes pleins de joie. Le « Nouveau Testament » était un cabaret réputé des quartiers populaires de la ville. L’alcool y coulait à flots dans un tumulte assourdissant. Les soirées donnaient lieu à leur lot de bagarres et de danses verres à la main, pendant que la lumière tamisée fleurait bon les jeux dragueurs avec quelques donzelles aguicheuses.

Quand le soleil pointait le bout de son nez, le même rituel se répétait inlassablement. Un homme sortait en claquant les portes du souloir. Complètement rétamé par les bitures de la nuit, il titubait et fixait droit devant une mansarde espérant y trouver un lit accueillant pour apaiser ses sens endoloris. Le patron du bar, Belzébuth, campait alors sur le palier et criait :


_ Jésus, espèce de cul terreux, vas tu te décider à me payer cette putain de note ! ? !
_ ouais ouais *hips* j’y pense patron… je ne fais que ça *hips*


Sentant ses jambes flageoler, il se mit à jurer et blasphémer, à maudire le Carême pour se donner des forces sous le regard ahuri des passants encore débraillés. A quelques pas de son but, ses yeux s’éclaircirent et il vit ses quatre camarades apparaître au coin de la rue. Airs hagards et fumets vomitifs accompagnaient ces loques humaines qui semblaient animées par d’étranges soubresauts.

Le premier, Simon Pierre, avait un corps trapu et la bedaine rebondissante, fruits d’ivresses quotidiennes qu’il cuvait allègrement, charogne roteuse, sur les bancs publics (eh oui, on ne fait pas que s'y bécoter). Les seuls instants de la journée où il daignait bouger sa carcasse frelatée étaient ceux où il tendait les mains vers l’autel de la mendicité.

Le second, un certain André, était à son habitude d’allure altière et fine ; de celles qui faisaient retourner les naïades gourmandes et graciles dans les artères de la fiévreuse cité. De noble métier, il était eunuque et gardien du lit royal, répondant avec ardeur aux mille caprices des dames du harem. Mais naïfs ceux qui pensaient que l’absence de ces têtards à tête chercheuse, qui se dépatouillent chaleureusement dans une onctueuse gélatine blanche, le rendait sans envies. Bien au contraire, il s’éclipsait malignement, chaque soir, vers le quartiers des bains de Sodome pour racoler les hommes en échange de quelque menue monnaie.

Pour finir, Jacques et Jean les deux frères, avaient les yeux sournois des hommes de péchés… honorables pêcheurs le jour et maquereaux la nuit, ils vendaient aux plus offrants les raies les plus cul’rieuses et n’avaient pas hésité à offrir les corps de leurs sœurs et de leur mère. De libidos débridées, nos deux comparses profitaient des soirées de grand banquet pour dépiauter quelques nobles dames et aller forniquer dans les allées du temple d’Abraham.


Le silence entourait le quatuor d’un haro protecteur. Assis autour d’un banc, ils gesticulaient comme dévorés par des vers dans leurs pétrusquins. Ils étaient si souls qu’ils se croyaient en mer, tout autour la terre semblant faire des remous. Le vieux Jacques se leva péniblement et l’index levé il tonna :

_ En avant moussaillons ! ! Affrontons l’ire de Poséidon et arrachons lui son trident à renfort de truites ! !
_ A moi le gouvernail, susurra son frère Jean. Allons droit devant en bravant la tempête ! Evitons la rocaille et terrassons l’affront !


Puis il s’arrêta net en voyant dériver vers eux l’éclair d’une lanterne. Emu jusqu’aux larmes, il psalmodia :


_ La bas… y’a un mec qui marche sur l’eau. C’est beau !
_ Les amis, un fantôme ! s’écria Pierre


La lueur continua de s’approcher du groupe pétrifié quand tout à coup une voix s’éleva :

_ Ce n’est que moi, Jésus. Bande d’hurons sauvages, vous êtes encore tous faits.
_ Si c’est toi, meugla le vieux Pierre, ordonne que je vienne ! !
_… Ben, viens !


Pierre se leva inquiet et murmura dans sa barbe :

_ C’est profond ? … je risque de me noyer… non ?


Il fit un pas… puis deux, et s’écria en levant les bras vers le ciel :

_ Regardez les mecs ! ! ! Je marche sur l’eau ! Miracle oh grand miracle, je peux cueillir l’écume et défier les ressacs.



Mais tout à coup, le corps de Pierre se tordit de douleurs, son visage se peint des pires grimaces de l’enfer. Un large flot des restes de la nuit s’écoula furieusement de sa bouche violacée. Pleurant ses tripes pendant que ses jambes se dérobaient sous les remous de la terre ferme, il lança un regard désespéré vers la divine apparition :

_ Oh si c’est toi Jésus, je t’en prie sauve moi ! !


Et Jésus de répondre :

_Homme de peu de foie…




Pourquoi raconter cette histoire me direz-vous. Jetez un œil derrière vous, imaginez… Deux mille ans d’histoire s’étalent devant vous... deux mille ans de croisades et de Sainte Inquisition, de persécutions, de colonisations, de guerres contre le Mal, de chasses aux sémites et aux Albigeois, de bûchers et autodafés… deux mille ans de massacres des juifs et des maures, de silence nazi, de mensonges et de morales hypocrites, de châtiments sans nom…

Tout ça…

pour une cuite !


Dernière édition par Saule Imane le Lun 10 Juin - 23:25 (2013); édité 3 fois
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MessagePosté le: Lun 10 Juin - 22:43 (2013)    Sujet du message: Publicité

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lapaz
Les Bleus du Lagon

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MessagePosté le: Lun 10 Juin - 22:54 (2013)    Sujet du message: Ecrits Saule Imaniens Répondre en citant

alors là , je dis bravo et à bas la culotte oups pardon calotte !


tournée générale
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Saule Imane
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MessagePosté le: Lun 10 Juin - 23:06 (2013)    Sujet du message: Ecrits Saule Imaniens Répondre en citant

Hop à la demande de Lapaz d'autres textes, dont celui la que j'aime bien.... rempli de bons sentiments mais c'est un peu moi aussi !!


Archive n°268.924 / Mythes & Légendes :       
L’esprit de la Lune.      

« Peut-être la formule philosophale de création de lune est-elle plus fondée sur l'amour que l'espoir mathématique... »
Litost, Alchimiste de l’Utopia Gaïa
   



Il y a de cela bien longtemps vivait sur les grandes plaines poussiéreuses de la Lune un noble peuple admiré et respecté de tous. A la lumière du Dieu Soleil scintillaient milles merveilles cristallines qui s’élevaient harmonieusement vers la voûte céleste. Au pied de ces symboles d’une civilisation à l’apogée de son art et de sa technologie, fourmillait tout un panel de races originaires des quatre coins de l’univers. Aucunes tensions, aucuns conflits ne gangrenaient la cité lunaire, véritable cocon de paix. Un voile de sérénité magnifiait les visages de tout un peuple lové dans le plus grand cratère de la Mère Lune.

Sin était un enfant de la Lune comme on aimait à appeler les autochtones. Né dans une famille de hauts dignitaires, il fut dès son plus jeune âge destiné aux plus hautes fonctions régaliennes. Il n’avait connu aucunes frustrations de sa jeunesse passée au côté d’un précepteur rigide et bougon, bien au contraire il avait été insatiable dans son apprentissage. Découvrir les rouages de l’Etat, apprendre à manier la diplomatie, s’imprégner des grands textes qui ont fondé le moule unificateur et pacifiste du peuple lunaire ; autant de plaisirs qui ont forgé sa rectitude et son amour infini pour sa patrie.
Le jour de sa vingt cinquième année lunaire, il dut choisir son affectation au sein des grands services d’Etat. Nombreux l’imaginaient déjà siéger au sein du Grand Conseil, au milieu des grands sages auprès desquels le Prince Artémis venait puiser des avis libres et éclairés. Mais à la surprise de tous, Sin décida de prendre les commandes des Forces Armées Lunaires (FAL). Non pas qu’il mésestimait ses capacités à intégrer le Grand Conseil, mais dès son plus jeune âge il s’était promis de protéger la terre qu’il chérissait plus que tout, d’où ce choix un brin candide. Faisant fi des sarcasmes incessants, Sin engagea une réforme drastique afin de redorer le blason d’une armée qui se délitait dans une morosité malsaine. Même si ces efforts semblaient bien peu utiles en ces temps de paix durable, la qualité de son travail impressionna et il gagna l’estime de tous.

Les années passaient sans qu’aucun incident ne vienne émailler la paisible vie lunaire. Sin continuait son travail à la tête de l’armée, non pas par conscience professionnelle mais parce qu’un sentiment étrange grandissait en lui le temps passant. Il ne savait pas d’où provenait cette sensation de danger totalement farfelu qui le parcourait chaque jour. Fallait-il d’ailleurs y prêter attention, joué par son esprit qu’il devait être ? Toujours est-il qu’il maintenait ses sens en alerte, à l’écoute du moindre trouble qui menacerait la tranquillité du peuple de la Lune.

Chaque soir, une fois débarrassé de la tracasserie administrative, il prenait une route escarpée vers la Mare Nectaris. Il aimait se recueillir en ce lieu reculé, étranger de tout signe de vie, afin d’y puiser quelque sentiment de quiétude. Assis sur une large roche basaltique, il contemplait l’univers infini qui se reflétait dans ses yeux fascinés et se nourrissait du silence ambiant pour atteindre le lac de Xui des légendes inddiques. Pourtant il ne parvint pas à trouver cette sérénité intérieure en cette nuit agitée. Les forts vents faisaient danser les poussières lunaires qui tournoyaient dans un ballet savamment orchestré. Jamais cette impression de péril n’avait été si prégnante, poignardant le corps de Sin d’une cruelle évidence. Pétrifié, ses yeux se perdirent dans le clair obscur des grandes plaines, orphelins de tous repères.
Puis le vent s’arrêta net, une douce chaleur envahit le cœur de Sin pendant qu’un voile lumineux troublait son regard. Les sens déboussolés, il ferma instinctivement les yeux pour se retrouver et… Jamais n’avait-il vu si clair. Une silhouette d’un blanc immaculé se posait immobile devant lui. Réalité illusoire ou songe palpable ? Sin ne trouva aucunes réponses sensées, préférant s’abandonner à ce sentiment de bien-être infini qui couvait des yeux perlés de sa céleste destinée. Entre deux mondes, il saisit la main diaphane qui se présentait à lui. Tout ! Il comprenait tout. La Lune lui offrait sa mémoire. Devant lui défilait sa naissance après l’incroyable rencontre d’une comète aux couleurs mordorées avec la Terre, la création des maria lunaires formées par d’anciennes coulées volcaniques qui suivirent l’impact d’énormes météorites, l’arrivée des premiers colons Terriens qui voulaient donner vie à leurs rêves utopiques sur ses plaines vierges. Puis l’horrible vision d’un complot fomenté pour détruire cette paix enracinée en chacun. Des barbares qui venaient piller, saccager, détruire son peuple, son rêve. Flammes et sang qui s’entremêlaient dans une furia cauchemardesque. Vite ! Prévenir le prince de ce danger imminent avant que…

Plus personne ne revit Sin depuis ce jour. Seul un rapport détaillé resta, découvert à l’endroit même où l’enfant de la Lune disparu. Aidé de ce précieux document et fort d’une armée disciplinée et entraînée, le prince Artémis fit échec au destin tragique qui frappait aux portes de sa cité. Pas un ne mentionna le nom de Sin après cette bataille victorieuse, pas un hommage, pas une cérémonie, pas un écrit. L’oubli ? Non, bien sur que non. Tout le monde avait vu cette étrange lumière bienfaitrice en direction de la Mare Nectaris, tout le monde avait compris. Sin continuait à veiller sur eux, plus protecteur qu’il ne l’avait jamais été, plus amoureux qu’il ne le sera jamais.

Cette histoire fabuleuse est aujourd’hui oubliée des nombreux seigneurs de guerre qui écument les galaxies, avides de ressources à piller et de planètes à dévaster. Pourtant je reste persuadé que notre avenir devrait puiser dans ces légendes qui titillent notre imaginaire. Peut-être sont-ce les élucubrations d’un pauvre idéaliste, mais rien ne vous empêche d’y croire.
  
  
    

Mahdi Saule,

Conteur d’histoires.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:22 (2017)    Sujet du message: Ecrits Saule Imaniens

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